Le travail ne se résume pas à une activité économique. Il peut être un lieu d’apprentissage, de développement des capacités et de construction du lien social. C’est cette conviction qui a été au cœur de la table ronde « Faire société par le travail et l’inclusion », organisée le vendredi 12 juin à la MAME Tours dans le cadre des Universités de l’Économie Responsable.
À cette occasion, la Fondation AMIPI était représentée par son président Jean-Marc Richard aux côtés d’Emilie BELLANGER, responsable des relations entreprises et agente pénitentiaire au sein de la Direction Interrégionale des Services Pénitentiaires de Dijon.
Une rencontre qui a permis de croiser deux réalités de terrain différentes : l’inclusion des personnes en situation de handicap cognitif et l’accompagnement vers la réinsertion, autour d’une même question : comment permettre à chacun de retrouver une place pleine et entière dans la société ?
Changer de regard : parler d’abord de personnes
Dès le début des échanges, Jean-Marc Richard a souhaité rappeler un point fondamental : avant de parler de handicap cognitif, de fragilité ou de parcours difficile, il est essentiel de parler de personnes.
Cette distinction n’est pas seulement une question de vocabulaire. Elle traduit un changement de perspective : considérer chacun à travers ses capacités, son potentiel d’évolution et sa capacité à apprendre.
C’est au cœur du projet porté par la Fondation AMIPI, qui s’appuie sur une conviction forte : "le cerveau se fabrique en fabriquant" (Pr Jean-Michel Oughourlian).
Le cerveau apprend tout au long de la vie
L’approche développée par la Fondation scientifique et industrielle AMIPI s’appuie notamment sur les apports des neurosciences : le cerveau se développe grâce aux apprentissages.
Cette capacité repose sur la plasticité cérébrale : les apprentissages permettent de créer et de renforcer les connexions entre les neurones, contribuant ainsi au développement des capacités cognitives.
Les activités professionnelles, lorsqu’elles sont adaptées et accompagnées, peuvent devenir de véritables espaces de développement. Elles permettent de renforcer progressivement les réseaux neuronaux, de développer des compétences, de restaurer la confiance en soi et de révéler des capacités parfois invisibles.
Le travail devient alors bien plus qu’une activité productive ou une fonction économique : il devient un support d’apprentissage, d’émancipation et de transformation.
Apprendre de l’autre : la force du collectif
Jean-Marc Richard a également évoqué les travaux du professeur Jean-Michel Oughourlian (sic "Le travail qui guérit l’individu, l’entreprise, la société") autour de la relation à l’autre et de la dynamique du désir mimétique.
Cette approche met en lumière une idée essentielle : nous nous construisons dans nos interactions avec les autres. Dès l’enfance et tout au long de la vie, l’environnement humain joue un rôle déterminant dans notre développement.
Cette dimension relationnelle est au cœur des organisations inclusives : une entreprise qui accompagne, transmet et crée des liens devient un environnement favorable à l’apprentissage et à la progression.
L’entreprise comme acteur de transformation sociale
Les échanges de cette table ronde ont montré que l’entreprise peut jouer un rôle majeur dans la réduction des fractures sociales.
Qu’il s’agisse d’accompagner des personnes en situation de handicap cognitif ou de favoriser des parcours de réinsertion, les initiatives présentées partagent une même ambition : créer les conditions permettant à chacun de contribuer, d’évoluer et de trouver sa place.
Une entreprise inclusive ne transforme donc pas uniquement des parcours individuels. Elle participe à construire une société plus solidaire, plus responsable et plus humaine.

Une économie responsable qui remet l’humain au centre
La participation de la Fondation AMIPI aux Universités de l’Économie Responsable illustre une conviction profonde : la performance d’une organisation ne se mesure pas uniquement à ses résultats économiques, mais aussi à sa capacité à créer de la valeur humaine et sociale.
Faire société par le travail, c’est reconnaître que chaque personne possède des capacités à développer, des compétences à révéler et une contribution à apporter.
Merci aux organisateurs des Universités de l’Économie Responsable pour cette invitation et pour la richesse de ces échanges autour d’une question essentielle : comment construire, ensemble, une société plus inclusive ?